ça grouille
dans l’apesanteur
des 5 semaines
dans les cartes postales
qui brûlent les doigts
qui brûlent les yeux
mille espèces
dans un corps révolutionnaire
dans une âme en chantier
mille espaces
à combler
sur cette terre désolée
ça grouille
des fourmis, des rats, des abeilles
des meutes, des loups, des vaches,
de sacrées têtes imberbes ?
flou de bouger
qui fond les sens
qui suinte et brille
qui ballote
entre le sourire et le risque
entre la guerre et la paix
celles des moues étirées
et des muscles élastiques
des yeux qui pendulent
entre l’Apple Watch et la mer
à en oublier la poire
à en oublier l’dessert
et tiens que j’te bouscule
et tiens ces « j’t’encule »
la poésie contemporaine
les vers qui se chevauchent
les insultes qui virgulent
et cette mélodie chorale et sublime
où l’on entend l’amour
celui des bras justes tendus
et la rengaine des petites haines
des plaisirs, des silences, des paradis qui se payent
toujours trop chers
mille espèces dans mille espaces
chacun chacune
entre fourmi et rhinocéros
à la quête de son transat
car on nous a bien appris
— qui ? —
que ça se mérite
que ça se paie
qu’après l’effort …
…
qu’après la haine
mon cul
en état d’siège.